Se soigner à Dakar où comment j’ai failli perdre une main!!

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Je vous rassure tout de suite, j’ai toujours ma main, et je vais bien !!

Je le confesse, ce titre est volontairement racoleur, pour que çà titille ta curiosité, oh toi cher lecteur qui me lit depuis bientôt 8 mois !

Donc pour commencer ce petit article il faut que je te raconte une petite anecdote.

Un samedi soir en taquinant mon beau frère ma main est venue rencontrer un plat en faïence ,cassé un peu plus tôt dans la soirée.

Et là c’est le drame….

Çà pissait le sang et de toute évidence étant donné que la chair sortait de ma main et qu’on apercevait l’os il fallait aller me faire recoudre cette main, donc direction l’hôpital militaire de Ouakam.
Nous arrivons là bas, et nous devons attendre un médecin qui doit m’examiner car il est en plein accouchement, un médecin « couteau-suisse » apparemment !!

Une fois notre tour le médecin m’examine et me dit : « c’est trois mille francs CFA le point, il en faut trois, c’est bon vous pouvez payer ?? »
Là dans ma tête je me dis et si je n’avais que 3000 francs sur moi, il m’aurait recousu le truc avec un seul point version Mcgyver du bistouri ?
Par chance nous avions prévu assez d’argent, et me voilà partie pour trois points de suture !
On m’installe dans une salle plus que glauque, je grimpe tant bien que mal sur une espèce de table en métal et c’est parti pou une séance de torture, NON je ne fais pas ma chochotte !
Ce médecin (boucher) a du croire que je revenais d’Afghanistan et que j’étais une de ses collègues du contingent !!
Il a commencé par sortir ses instruments de torture d’une boite en métal comme celle d’une célèbre marque de biscuit, inutile de te dire que rien n’était stérile !
Il a ensuite planté l’aiguille au milieu de la plaie pour en soulever les bords et injecter le produit anesthésiant, je me sentais défaillir, j’entendais la voix de mon mari, de loin, de très loin…
Je m’efforçais de ne pas tomber dans les pommes ayant peur de ce qu’on pourrait bien me faire si je m’éclater la tronche contre un meuble de la salle.
J’avais des sueurs froides, et je transpirais tellement que j’avais l’impression de me faire pipi dessus.
J’étais complètement stone , il avait mit la dose pour un cheval et franchement j’ai préféré accoucher deux fois que cette petite séance de couture (à ce moment précis je me disais que mon beau-père qui me conseillait de mettre su sel sur la plaie pour que çà se referme tout seul , n’était pas une si mauvaise idée que çà)

Aujourd’hui j’ai une cicatrice toute moche qui me fera (peut-être) bien rire dans quelques années, mais ma prise de contact avec le milieu médical ici n’a pas été la meilleure approche qu’il soit pour effacer les craintes que j’avais à ce sujet avant de m’installer au Sénégal !

Il a bien fallu ensuite chercher et trouver des médecins pour toute la famille, pédiatre pour le petit surimi, gynéco pour moi et médecin traitant pour tout le monde !
Mais çà c’est comme en France, il y a de bons et de mauvais médecins, suffit de tomber sur les bons du premier coup !

Chose faite pour le médecin traitant qui est une version Sénégalaise de mon médecin de famille qui me suivait en France depuis 30 ans, un peu moins évident pour le gynéco mais après deux essais infructueux, j’ai trouvé la perle rare, idem pour la pédiatre, la deuxième semble être la bonne !

Ce qui m’a beaucoup marqué, c’est que cette « nonchalance » sénégalaise s’applique aussi au milieu médical ! Du genre :
Moi : « bonjour j’appelle pour prendre un rdv avec le Dr X »
La secrétaire : » passez quand vous voulez, aujourd’hui, demain, on sera là Inchallah »…..ou pas !!

J’avais énormément de préjugés sur le système de santé sénégalais (image véhiculée par les médias), certes tout n’est pas rose mais il y a de bons docteurs ici, la maitresse de mon fils m’a même expliqué que c’est ici qu’on a découvert le cancer de son père alors qu’en France on ne lui avait même pas fait les examens nécessaires pour arriver à ce diagnostique.
Oui c’est vrai il y a un sérieux manque de moyens et de matériel ici, c’est une réalité, mais des gens ici se battent pour que çà change.
Et malheureusement tout est une question d’argent, pour de bons soins il faut avoir les moyens de se les payer !

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  1. Je vis également à Dakar, je suis toubab comme toi, et franchement, je prie pour ne pas être malade ou ne pas me blesser… Ca parait incroyable qu’on ne te soigne que si tu zs les moyens, pour un français.

  2. le papa de mon amie est comme ça décédé dans la salle d’attente de l’hopital de ziguinchor, il était « dans la file d’attente » alors que crise cardiaque … c’était dur d’assister à ça en sa compagnie j’étais complètement impuissante !! ma grande gueule n’a servi à rien – ma copine elodie vit à dakar aussi, je pense qu’elle a trouvé un bon doc car elle a une fille de l’age de tao – bisous et bon courage pour la suite !

    • çà a du vraiment être très dur de vivre çà!
      les choses évoluent mais doucement ici.
      Quand on a trouvé un bon docteur on se sent plus rassurés , j’ai regardé dans la liste de notoriété du consulat français pour trouver ma pédiatre et ma gynéco , et jusque là rien à redire !! je suis plus sereine depuis!

      • quand on est une jolie dame bien élevée, on ne dit pas  » ça pissait le sang » mais.. »le sang coulait abondamment »…. surveillez votre langage, svp, madame Diouf.

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