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Ebola : Panique à bord au Sénégal

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EBOLA

 

Cela fait plusieurs jours que j’hésite à vous parler de ce qui me terrifie et qui terrifie beaucoup de personnes ici :

Le VIRUS  EBOLA
Il y a quelques temps posée tranquillement devant les infos en wolof (l’entrainement, l’entrainement, il n’y a que ça qui paye… Damay jàng wolof bu baax a baax !!) je comprend qu’on parle d’un virus en Guinée, que ce virus tue, très rapidement et là je n’attend qu’une chose la version française pour savoir si mon niveau de wolof n’est pas la cause de ma panique soudaine !
Ça y est ,La version française… j’écoute attentivement !! c’est la première fois que la Guinée est touchée, première qu’une Capitale est touchée, pas de traitement, pas de vaccins.. virus Mortel.. MORT !!
Tous ces mots résonnent dans ma tête et je cours m’assoir devant le pc , je tape fébrilement Ebola sur le net .
Google me sort des dizaines d’articles .
Je lis :

« une infection équivaut quasiment à une sentence de mort » ;

« le Sénégal ferme ses frontières avec la Guinée » ;

« les frontières sont poreuses »;

 « taux de mortalité pouvant aller jusqu’à 90% »;

;« une apparition brutale de la fièvre, une faiblesse intense, des myalgies, des céphalées et une irritation de la gorge. Ces symptômes sont suivis de vomissements, de diarrhée, d’une éruption cutanée, d’une insuffisance rénale et hépatique et, dans certains cas, d’hémorragies internes et externes. »
J’arrête de lire, je ne regarde plus les infos, je suis morte de peur, je ne veux plus envoyer mes enfants à l’école, je suis à deux doigts de faire un sitting devant l’ambassade de France : « Help rapatriez nous!!! »
Et puis j’essaye de relativiser, j’appelle mon amie qui travaille dans une ONG (Sandrine si tu passes par là, merci !!), elle me rassure, ça va mieux… Ebola fait partie de mon quotidien !!

Les journaux à scandales nous font des fausses alertes !! Trois cas d’Ebola à l’Hôpital de Fann , ou encore au port de Dakar !

Mon cœur palpite, j’ai peur, même si ce n’est plus le sujet de toutes les discussions, cette peur est toujours présente.

Aujourd’hui alors que je ne tape plus Ebola sur Google depuis quelques jours , je veux me renseigner sur les quelques cas suspects détectés au Mali et je tombe sur un article au titre alléchant et qui me fait cliquer frénétiquement dessus :« Un chercheur Africain trouve un remède au virus Ebola »
On y lit la recette du remède :

 Un oignon bien écrasé ou pilé, on y ajoute une cuillerée
 à café de lait concentré
 et une cuillerée à café de poudre de Café (Nescafé).
Il faut bien remuer les trois ingrédients et faire manger au malade.

On y lit aussi que le même chercheur informe que pour se mettre à l’abri du virus, les personnes non encore malades doivent manger chaque jour 1 à 2 oignons frais.

Si on pue tous de la gueule, vous aurez compris pourquoi !!

Ah cela m’a bien fait rire pendant quelques secondes.

Mais le retour a la réalité est rapide, je pense à tous ces gens en Guinée, prions pour eux, pour que cela ne continue pas à se propager et  prions pour que cette saleté soit éradiquée !!

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Questionnement

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bipolaire

 

Quand on est loin de sa famille et que l’on vit à des milliers de kilomètres de ce que l’on a toujours connu, on se rend compte que l’on est bien plus fragile que ce que l’on pensait.

La wonderwoman qui  se disait qu’elle s’adapterait à tout  tant qu’elle avait ses enfants et son mari à ses côtés , qu’ elle pouvait poser ses valises n’importe où , et bien je t’avoue qu’elle  a pris un sacré coup dans la tronche , elle a même arrêté de se pavaner dans son mini short bleu à paillettes( bon ça j’avoue que c’est  à cause du  régime « mafé/Tiep bou dieunn /fatayas »,du coup les bourrelets c’est disgracieux quand ça déborde du dit short)

Quand on a perdu tout ses repères, on passe par  tous les états, il y a les coups de gueules, les coups de blues, les pétages de plombs (injustifiés), on est plus susceptible, sensible, irritable…

Pourquoi ? parce que tout simplement on ne sait plus vraiment pourquoi on est là, on se dit que c’était tellement mieux chez nous, alors qu’on en est parti justement  car ce n’était pas si bien  que ça .Mais ça  évidemment on l’oublie !

Bientôt deux ans que nous sommes  à Dakar , deux années  au cours desquelles je me suis plusieurs fois demandé si je n’étais pas devenue bipolaire ou même schizophrène ?

Passer du rire au larme, version Jean-qui- rit et Jean -qui -pleure au cours d’une même heure c’est déroutant !

Adorer Dakar car on a passé une « bonne »semaine et que le qualificatif  « bonne » n’est du qu’au pantalon sergent major  (je ne suis pas « marques » du tout je précise, c’est juste que c’est un petit bout de France pour moi) qu’on a trouvé neuf pour sa fille et que l’on a payé  seulement 300 francs au marché du jeudi ! C’est pitoyable.

Que même quand tu vois celles qui sont devenues tes amies et que tu passes une super après-midi en leur compagnie, tu es vite rattrapée par la réalité. Mais quelle réalité ? Tu ne sais pas même pas, tu es juste dans un état que Gad Elmaleh appelle le « jesaispascequejai »

Que ton humeur du jour soit déterminée par le comportement du taximan qui tentera de t’arnaquer ou  et que tu  es arrivée en retard à ta réunion  parce qu’ une fois de plus  il t’a affirmé qu’il connaissait l’endroit et qu’au final il t’a emmené carrément à l’opposé  de l’endroit où tu devais te rendre et qu’évidemment  tu n’as pas su lui indiquer le chemin pour enfin trouver ton point  d atterrissage .

Que tu aies envie de chialer car tu te rends compte que tu ne peux faire aucune des activités proposées  par ton association, bowling, cours de wolof, conférences, soirées  et j’en passe, qui t’auraient  bien aidé à t’intégrer car tu as deux petits bouts  de choux dont l’un scotché à toi 24h/24  (oui  bien entendu  je sais qu’ils vont grandir ….)

Que ta bonne volonté à essayé de faire quelque chose, régime, sport, recherche de boulot, sorties etc. s’effondre au moindre minuscule obstacle.

Que ton bonheur ne soit conditionné  que par  l’éventualité d’un voyage  ou d’un retour en France  (on peut rêver) et de ce fait tu te questionnes sur ta vie ici car si pour une raison x ou y  tu ne peux pas retourner dans ta Lorraine natale pendant plusieurs années, que va-t-il se passer ?

Quand tout ça t’arrive, toutes ces émotions  alors que tu n’es pas une traine savate, que tu es une battante  pas du genre à te plaindre pour un rien et que logiquement tu aurais du te prendre en main il y a bien longtemps car la vie à Dakar c’est loin d’être un enfer  (au contraire), et que  cet enfer c’est toi  seule qui le crée, tu finis par te demander ce qui cloche chez toi.

Suis-je devenue folle ? Suis-je entrain de faire  une dépression ?

Est-ce que toutes les femmes qui ont suivi leur mari  au bout du monde  réagissent de la  même manière ? Non mais sérieusement, ça fait ça à tout le monde ?

On m’a dit que ce sont les deux première années les plus dures et qu’après on ne veut plus en repartir, alors je te donne RDV le 29 août pour le verdict   et en attendant je vais essayer de ne pas « trop » sombrer dans la folie !

The Toubab blues

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Je suis d’humeur assez joviale, aimant la plaisanterie et rajoutant toujours une touche d’humour dans mes articles (d’ailleurs on m’a même reproché d’ironiser sur tout !) mais aujourd’hui I got the blues. Cet article se veut triste, car c’est l’humeur de ces derniers temps.

Tu sais ces matins où tu te lèves et tu te dis : « ché pas ce que j’ai ! », et bien  c’est la ritournelle du moment.

Pourquoi ?

Le mal du pays tout simplement !je bois mon café et je regarde dans le vide , je pense à ma grand-mère avec qui je buvais ma ricorée chaque matin après avoir emmené mon grand à l’école, je repense à nos discussions , nos commérages, les histoires qu’elle me racontait sur des gens que je ne  connais ni d’Awa ni d’Adama !! j’avais beau lui dire que je ne les connaissais pas , elle mer  répondait « mais si ! » d’un ton insistant, je finissais par faire comme si je les connaissais.

Quand je vais au marché du jeudi à Ouakam , je repense encore à elle et à ma meilleure amie avec qui j’allais au marché du jeudi à Hayange ! pas du tout le même genre de marché , pas de wakhale là bas , des prix fixes indiscutables !

Les jeudis on finissait toujours par manger ensemble un poulet rôti   acheté chez le turc dragueur du marché.

Ah le bon vieux temps !

Je me revois encore me plaindre du temps pourri , en attendant mon fils transie sous un parapluie à la fontaine en face de l’école, oh que je l’apprécierais bien ce temps là après 15 mois de canicule permanente.

Je pense souvent aussi à nos après-midi à flâner dans la galerie du carrefour pour finir par manger un bonne crêpe au flunch et rentrer en prenant un happy meal à mon grand au mc drive !!

Nos virées shopping avec ma grand-mère, nos balades à Metz avec ma meilleure amie,Twilight qu’on devait aller voir ensemble et succomber devant le beau Jacob (Edward est un peu trop pâle à mon gout !), les après-midi scrabble où je me faisais un malin plaisir d’essayer de battre ma grand-mère  à plat de couture (ce qui ne marchait pas vraiment d’ailleurs!), les après-midi pâtisserie aussi aux senteurs de noix de coco!

Je suis nostalgique , de tout et de rien . Je vois la crème fraîche si chère ici et je me revois l’acheter au Lidl du coin pour faire de bonnes pizza maison , saumon /crème fraîche les soirs de match de foot avec mes hommes.

I got the blues, la Toubab a le blues ! Mais est ce que çà se soigne ?

Est-ce qu’un jour quand on vit à l’étranger notre petit chez soi finit par ne plus nous manquer ?

Est-ce qu’on finit par ne plus penser au bon vieux temps la larme à l’œil ?

Est-ce qu’on arrive à supporter l’absence de sa famille et de ses proches ?

Est-ce qu’on arrive tout simplement à vivre loin de tout ce qu’on a connu ?

Je l’espère sincèrement, car sinon ce serait un grand échec pour moi, pour nous, pour notre famille.

Ce n’est pas finalement la vie à Dakar qui me dérange mais plutôt que Dakar ne soit pas Nilvange peut être !!

En tout cas si vous avez un remède contre le blues …contactez-moi au 77 788 56 23…

ps: t’as vraiment cru que c’était mon numéro?

Loin des yeux , loin du coeur

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Loin des yeux, près du coeur ….le dicton est menteur.

5586 km   C’est à quelques centimètres près la distance  en voiture qui me sépare de ma famille selon Google Earth (à pied plus de 6300 km à parcourir en un peu moins de 1000h).

Avec  Royal Air Maroc  une poignée d’heures et quelques centaines d’Euros par personnes me séparent d’eux.

Autant te dire que à pied, en voiture, en avion, ce n’est pas toutes les 5 minutes que je vais débarquer boire ma Ricorée chez ma mémé Monique ou m’inviter à manger une bonne choucroute halal chez mon autre grand-mère !

Je ne me voyais pas rester dans mon pôle nord natal, euh pardon ma Lorraine natale !J’avais le projet sans trop savoir où mes pieds m’emmèneraient et  bien avant de me marier et d’avoir des enfants, de  partir vivre ailleurs, mais ce que je n’imaginais pas c’est que cet  « ailleurs » se compterait en milliers de kilomètres.Je m’imaginais pouvoir sauter dans ma voiture le week-end et rendre visite à amis et famille restés en Lorraine, ou au pire monter dans un TGV et leur faire une visite surprise.

Le « ailleurs » c’est donc depuis 9 mois et des brouettes, Ouakam, « banlieue » de Dakar.Il y fait bon vivre, nous habitons au pied du monument de la renaissance africaine, la mer  magnifique  et  majestueuse  n’est qu’à quelques minutes à pied, nous avons tout à proximité et Ouakam est en perpétuelle évolution.Mais Ouakam n’est pas Nilvange, elle n’a pas la même saveur !l

La Boulangerie du coin et son « pain-carton »me rappelle à quel point le pain des boulangeries de Nilvange est bon.La pharmacie de la cité Asecna est bien tristounette par rapport à la jolie pharmacie Wattelet !!Si mon mari me lisait il me dirait immédiatement: »comparaison n’est pas raison « , Il n’a pas tord mais je ne peux pas lutter contre cette nostalgie qui  m’habite chaque jour, et refait surface à la moindre occasion, même si parfois à l’inverse il m’arrive de me réjouir en me disant « tiens à Nilvange je n’aurais pas pu faire ceci ou cela », rien qu’en regardant la météo  par exemple!!

Mais ce qui me manque le plus dans mon pole Nord Natal ce sont mes amis et ma famille, et malgré tout les moyens disponibles dans ma case high tech :SMS,MMS,MSN ,M&MS(ah non pas çà !),Skype , facebook etc.J’ai toujours la sensation d’être coupée d’eux !!Je mitraille mes enfants pour leur envoyer une tonne de photo de leur évolution, mon petit surimi essaye de donner de la mangue à ma grand-mère sur l’écran en lui disant « am » (tiens en wolof), mais la distance s’installe.

C’est à ce moment là que je me pose une question:  comment font ces couples qui vivent leur relation à distance pour entretenir cet amour ? Car malheureusement les relations changent avec les kilomètres !

Je ne suis plus au courant des dernières conquêtes amoureuses de ma meilleure amie, Mon grand soleil n’a plus vraiment de news de son potecain (contraction de pote et de cousin inventée par les deux compères ),je suis à distance mon neveu et ma nièce qui me font me sentir vieille(je leur changeais leurs couches et l’un passe son bac et l’autre rentre au lycée).

En me lisant je dois vraiment  vous donner l’impression de garder la tête sous l’eau depuis 9 mois et d’être en pleine déprime mais rassurez vous, c’est une des facettes de l’expatriation, pas la plus belle  mais on s’y habitue !!

Il me suffit d’aller en famille à la plage comme hier par exemple  pour trouver la vie beaucoup plus  agréable ici et je suis sure que je vais finir par trainer quelques uns de mes amis et surtout ma famille ici, pour nous rendre visite, comme çà on ne sera plus loin des yeux  loin du cœur pour un temps !

 

 

 

Je suis paumée

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Voilà un peu plus de 6 mois que je suis partie à plus de 6000 km de chez moi.
Je dressais un bilan plutôt positif il n’y a pas si longtemps!

Mais la réalité est tout autre

Je m’amuse à rédiger des articles sur les petites particularités de la vie ici qui souvent me plaisent , mais parfois pas tant que çà!

j’emploie toujours un ton humoristique , parfois sarcastique… mais la vérité est que je suis paumée.
Elle est belle la technique de la jolie façade qu’on expose et qui va avec le joli sourire derrière on se cache pour ne pas montrer la triste réalité.
Mais cette jolie façade ne reflète en rien mon mal-être intérieur.
Je suis une championne pour ne rien laisser paraître , j’utilise cette technique bien rodée depuis DES années, mais aujourd’hui des fissures apparaissent dans cette carapace que je me suis forgée

Je suis paumée, sans repères, perdue…

C’est complètement paradoxal car je ne suis pas malheureuse ici et je ne regrette en rien mon choix, je ne manque de rien , j’ai l’essentiel ,mes enfants et mon mari.

Mais je suis paumée , sans repères , perdue…

Cet article sonne un peu trop « confessions intimes  » à mon gout mais j’avais besoin de matérialiser ce sentiment , de l’exprimer.